Le CSA intervient auprès de TF1, D8 et BFMTV

Publié le par Benoît

Le CSA intervient auprès de TF1, D8 et BFMTV

Sur son site internet, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel annonce des interventions auprès de TF1, D8 et BFMTV. 

 

Diffusion d’images du corps d’Aylan Kurdi, enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Turquie : intervention auprès de BFM TV et de TF1

Le Conseil a été saisi de plaintes au sujet de la diffusion, le 3 septembre 2015, sur plusieurs chaînes de télévision, de l'image du corps de l'enfant syrien retrouvé mort sur une plage de Bodrum en Turquie, Aylan Kurdi.

Le Conseil a constaté que les images diffusées avaient été correctement contextualisées et que les commentaires des journalistes et de leurs invités n’ont revêtu aucun caractère complaisant. Dans ces conditions, il n’a pas relevé de manquement des chaînes à leurs obligations en matière de dignité de la personne humaine. 

Il a toutefois observé, dans différentes émissions d’information, diffusées le 3 septembre 2015 sur BFMTV et le 6 septembre 2015 sur TF1 dans l’émission 7 à 8, que si les journalistes avaient évoqué la nature bouleversante de cette photo, le public n’avait pas été systématiquement et explicitement averti du caractère difficilement soutenable des images auxquelles il allait être confronté. 

Cette pratique est en contradiction avec l’article 1er de la délibération du 7 juin 2005 relative à la signalétique jeunesse et à la classification des programmes,  l’article 2-4-1 de la convention de BFMTV, et l’article 15 de la convention de TF1, qui prévoient que les chaînes doivent prendre « les précautions nécessaires lorsque des images difficilement soutenables ou des témoignages relatifs à des événements particulièrement dramatiques sont diffusés dans les journaux, les émissions d’information ou les autres émissions du programme. Le public doit en être averti préalablement ». 

Le Conseil est donc intervenu auprès de ces deux chaînes afin de les alerter sur ce point.

 

Séquence sur un élève de l’École de danse de l’Opéra de Paris dans "Touche pas à mon poste" : D8 mise en garde

Le Conseil a été saisi par le directeur adjoint de l’Opéra de Paris au sujet d’une séquence diffusée sur D8, le 3 septembre 2015, dans l’émission Touche pas à mon poste.

À l’occasion de la visite de la ministre de la culture et de la communication à l’École de danse de l’Opéra de Paris, les parents d’un jeune danseur avaient autorisé la captation et la diffusion d’images de leur fils, dans le cadre d’une émission destinée à être diffusée sur Canal +. Une image prise lors de cette visite, diffusée sur le blog de la ministre, a été reprise non pas sur Canal+ mais sur D8, avec un gros plan sur une partie de l’anatomie du jeune homme pour s’en moquer.

D’une part, le Conseil a constaté que la chaîne n’avait pas obtenu d’autorisation pour la diffusion de cette image dans l’émission Touche pas à mon poste, en méconnaissance de l’article 2 de la délibération du 17 avril 2007 relative à l’intervention de mineurs dans le cadre d’émissions de télévision, qui prévoit que « toute participation d’un mineur à une émission de télévision est subordonnée à l’autorisation préalable de tous les titulaires de l’autorité parentale, ainsi qu’à l’accord du mineur lui-même, dès lors qu’il est capable de discernement (article 371-1 du Code civil). Les parents et le mineur doivent être prévenus du thème de l’émission, de son titre et de son objet au moment de donner leur consentement ». 

D’autre part, le Conseil a relevé que l’animateur, ainsi que plusieurs chroniqueurs de l’émission, avaient tenu des propos moqueurs et humiliants vis-à-vis de l’élève non flouté et donc aisément identifiable, en contradiction avec l’article 2-3-4 de la convention de la chaîne qui prévoit que « l’éditeur respecte les droits de la personne relatifs à sa vie privée, son image, son honneur et sa réputation tels qu'ils sont définis par la loi et la jurisprudence. L’éditeur veille en particulier à ce qu'il soit fait preuve de retenue dans la diffusion d'images ou de témoignages susceptibles d'humilier les personnes (…) ».

Tout en prenant acte du courrier du 24 septembre 2015 dans lequel M. Vincent Bolloré, président de Canal+, a fait part au directeur de l’Opéra national de Paris de son attachement au respect et à la dignité des personnes présentées dans les émissions, et indiqué qu’il veillerait à ce que de tels incidents ne se reproduisent pas, le Conseil a mis en garde la chaîne D8 contre le renouvellement de tels manquements. 

Il en a informé le plaignant.

 

Source : CSA

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