Le CSA intervient auprès de France 2 et D8 et répond aux plaignants

Publié le par Benoît

Le CSA intervient auprès de France 2 et D8 et répond aux plaignants

Sur son site internet, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel des interventions auprès de France 2 et D8 et répond à plusieurs plaintes de téléspectateurs.

 

Reportage "La gardienne de la laïcité" dans le journal de 20 heures du 29 avril 2015 : intervention auprès de France 2

Le Conseil a été saisi au sujet d’un reportage intitulé "La gardienne de la laïcité", diffusé le 29 avril dans le Journal de 20 heures de France 2, au cours duquel le nom de la plaignante figurait distinctement, sans floutage, sur des documents qui ont été présentés en gros plan aux téléspectateurs.

Après visionnage de la séquence litigieuse, le Conseil a considéré que la société France Télévisions avait manqué aux obligations prévues par l’article 9 du Code civil qui reconnaît à chacun le droit au respect de la vie privée, ainsi que par le préambule du cahier des charges de France Télévisions qui énonce que « la télévision de service public a vocation à constituer la référence en matière de (…) respect des droits de la personne (…) ».

En conséquence, le Conseil a demandé à France Télévisions de veiller à porter une attention particulière au respect de la vie privée et lui a rappelé l’exemplarité dont elle doit faire preuve en matière de respect des droits de la personne. 

 

Émission "Touche pas à mon poste" : D8 mise en demeure

Le Conseil a mis en demeure D8 à la suite de l’émission Touche pas à mon poste du 11 mai 2015 au cours de laquelle l’animateur, les chroniqueurs et les invités de l’émission ont évoqué, à propos de la participation de la France à un concours international de chansons, certains des concurrents. À la suite de la diffusion d’une séquence consacrée à un groupe étranger dont les membres étaient atteints d’autisme et de trisomie, l’un des invités de l’émission s’est écrié : « On va niquer les trisomiques ».

Le Conseil a considéré que ces propos étaient de nature à stigmatiser un groupe de personnes du fait de leur handicap et à alimenter les discriminations, contrevenant ainsi aux stipulations de l’article 2-3-3 de la convention passée avec la société D8 qui prévoit que l’éditeur « veille dans son programme (…) à promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité qui sont celles de la République et à lutter contre les discriminations ». 

Par ailleurs, l’animateur de l'émission n'est pas intervenu pour dénoncer, modérer ou reformuler ces propos qui ont provoqué l'hilarité chez les personnes présentes sur le plateau, ce qui caractérise un défaut de maîtrise de l'antenne constitutif d'un manquement aux stipulations de l'article 2-2-1 de la convention du service D8.

 

Présence de cigarettes dans un épisode de la série "Chef(s)" sur France 2 : réponse au plaignant

Le Conseil a été saisi par l’association Droits des non-fumeurs au sujet d’un épisode de la série Chef(s)diffusé sur France 2 le 25 février 2015. L’association relevait la visualisation d’une marque de cigarettes ainsi que des propos complaisants à l’égard du tabac.

Le Conseil n’a pas constaté de manquements à la réglementation sur ce point. Si la majeure partie des personnages fument régulièrement, le Conseil fait traditionnellement prévaloir, dans les programmes de fiction, la liberté de communication et de création.

Il a répondu en ce sens au plaignant. 

 

Reportage "Daniel Legrand, prisonnier d’Outreau" diffusé dans le magazine "Envoyé spécial" : réponse au plaignant

Le Conseil a été saisi par le juge Fabrice Burgaud à la suite de la diffusion sur France 2, le 7 mai 2015 dans le magazine Envoyé spécial, d’un reportage consacré à M. Daniel Legrand, dont le procès devait s’ouvrir quelques jours plus tard à la Cour d’assises de Rennes. M. Burgaud considérait notamment que ce reportage avait été réalisé « de manière totalement partiale » et que la diffusion d’un tel sujet « à une date aussi décisive n’a eu pour objectif que d’influencer les jurés de la Cour d’assises dans un sens favorable à l’accusé ».

Le Conseil lui a répondu qu’il était relativement fréquent, à l’approche de procès médiatisés, que les chaînes abordent dans divers reportages les faits et la personnalité des personnes mises en cause. Dès lors, il ne saurait être reproché à France 2 d’avoir diffusé un tel sujet quelques jours avant l’ouverture du procès qui, après l’affaire d’Outreau, constituait un événement important d’actualité.

Par ailleurs, il a constaté que la journaliste avait indiqué que l’association Innocence en danger avait demandé la tenue de ce procès et que M. Jonathan Delay s’était porté partie civile sans développer davantage leurs motivations à voir un tel procès s’ouvrir.

Ce reportage visait avant tout à rendre compte de la situation personnelle de M. Legrand, dans le contexte particulier qui entourait l’ouverture de ce procès. 

Dans ces conditions, le Conseil ne s’est pas estimé fondé à intervenir auprès de France Télévisions. Il a répondu en ce sens au plaignant. 

 

Source : CSA

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