Le CSA répond aux plaintes des téléspectateurs.

Publié le par Benoît

Le CSA répond aux plaintes des téléspectateurs.

Sur son site internet, le Conseil Supérieur de l’audiovisuel répond à plusieurs plaintes de téléspectateurs et dévoile une étude d’impact sur le projet de revente de Numéro 23 au groupe Next Radio Tv.

 

Reportage "Le Convoyeur" diffusé dans l’émission "7 à 8" (TF1) : réponse aux plaignants

Le Conseil a été saisi au sujet de la diffusion d’un reportage intitulé "Le Convoyeur" dans l’émission 7 à 8 du 30 novembre 2014 sur TF1, et consacré à une affaire judiciaire dans laquelle l’un des plaignants, M. François Chamorro, était impliqué. Celui-ci regrettait que le sujet ait été diffusé sans son accord, quelques jours avant son procès. Il estimait que la diffusion du reportage lui avait causé un préjudice important, ainsi qu’à sa famille.

Le Conseil a constaté que la diversité des points de vue avait été assurée dans ce reportage, dans la mesure où la chaîne a veillé à faire part de la thèse du plaignant, notamment au travers d’une intervention de son avocat. Il a par ailleurs relevé que le journaliste avait utilisé un certain nombre de précautions dans le traitement de l’affaire, notamment en utilisant le mode conditionnel ou interrogatif pour entourer la diffusion d’informations incertaines.

Il a répondu en ce sens au plaignant.

 

Propos tenus par Robert Ménard dans l’émission "Mots croisés" du 4 mai 2015 sur France 2 : réponse aux plaignants

Le Conseil a été alerté au sujet de propos tenus par M. Robert Ménard sur l’antenne de France 2, le 4 mai 2015, dans l’émission Mots croisés. Au cours du débat, le maire de Béziers a fait état de statistiques, collectées au sein des écoles maternelle et primaires de sa ville, reposant sur une distinction – effectuée en fonction des prénoms des enfants – entre les élèves qui seraient ou non de confession musulmane. 

Le Conseil a considéré qu’aucun manquement de la chaîne n’était caractérisé, les propos de M. Ménard ayant, en l’espèce, fait l’objet de réponses et de protestations de la part de ses contradicteurs. 

Il a toutefois regretté que la journaliste qui menait le débat n’ait pas davantage insisté sur le caractère discriminant des propos de M. Ménard à l’égard des personnes de confession musulmane, ainsi que sur l’illégalité des pratiques revendiquées par celui-ci. 

Le Conseil a rappelé aux responsables de France Télévisions l’exemplarité dont le groupe public devait faire preuve dans la lutte contre les discriminations.  

 

Reportage "Du mercure dans la bouche" diffusé dans le "19/20" (France 3) : réponse au plaignant

Le Conseil a été saisi au sujet d’un reportage consacré au mercure contenu dans les amalgames dentaires diffusé le 15 décembre 2014 sur France 3 dans l’édition du 19/20. Le plaignant regrettait que la présentation insistât sur la dangerosité des amalgames sans qu’il soit fait mention des éléments nocifs susceptibles d’être présents dans les composites. Il dénonçait également la visualisation du sigle d’un fabriquant de composites.

Le Conseil a constaté que, dès le lancement du sujet et tout au long du reportage, les journalistes n’avaient cessé de rappeler que la question du mercure contenu dans les amalgames dentaires prêtait à controverse. Il a, par ailleurs, relevé que si plusieurs personnes insistant sur la dangerosité de ceux-ci avaient eu l’occasion de s’exprimer, la chaîne avait également veillé à diffuser des points de vue différents, notamment ceux du président de l’Ordre des chirurgiens-dentistes et d’une représentante de l’Agence nationale de sécurité du médicament, qui ont indiqué, comme la journaliste lors du lancement du sujet, qu’aucune étude sérieuse n’avait prouvé la dangerosité des amalgames qu’ils ont décrit comme inoffensifs.

Dans ces conditions, il a considéré que la chaîne avait veillé à assurer la diversité des points de vue concernant ce sujet. Si le logo d’une société figurait effectivement sur les blouses de deux praticiens filmés dans le reportage, le Conseil a considéré que seuls les téléspectateurs ayant une bonne connaissance du secteur étaient susceptibles d’identifier celui-ci et de faire le lien avec les composites.

Le Conseil n’a donc pas relevé de manquement caractérisé de la chaîne à ses obligations déontologiques, et a répondu en ce sens au plaignant.

 

Reportage consacré à l’annulation d’une manifestation à Allassac (Corrèze) sur France 3 Corrèze

Le Conseil a été saisi par M. Laurent Rougerie, président du Syndicat de l’AOP Pommes du Limousin, au sujet d’un reportage a été diffusé le 26 mars 2015 dans l’édition du 19/20 de France 3 Limousin et consacré à l’annulation d’une manifestation à Allassac (Corrèze) par ses organisateurs. Le plaignant regrettait que seul le point de vue des organisateurs ait été proposé aux téléspectateurs, estimait que le reportage revêtait un caractère militant et déplorait que ses propos aient été coupés au montage.

Le Conseil considère qu’aucun manquement de la chaîne France 3 à ses obligations en matière de droits et libertés prévues à l’article 35 du cahier des charges de la société France Télévisions n’apparait caractérisé, la chaîne ayant diffusé, préalablement à la séquence en question, un reportage plus complet donnant la parole au maire d’Allassac, aux organisateurs ainsi qu’au plaignant, permettant ainsi d’assurer la diversité des points de vue sur l’annulation de la manifestation.

En conséquence, le Conseil a décidé de ne pas intervenir auprès de la société France Télévisions, et a répondu en ce sens au plaignant.

 

Projet de cession de Numéro 23 au groupe NextRadioTV : publication de l’étude d’impact

Le Conseil supérieur de l’audiovisuel a été saisi, le 9 avril 2015, d’une demande d’agrément de la cession de la chaîne Numéro 23 au groupe NextRadioTV.

Le 24 avril 2015, il a décidé de lancer, en application des alinéas 5 et 6 de l’article 42-3 de la loi du 30 septembre 1986, une étude d’impact, notamment économique, de cette modification du marché de la télévision gratuite.

Au terme d’un cycle d’auditions des demandeurs, d’autres chaînes de télévision, d’organisations professionnelles représentatives des auteurs et des producteurs, et d’associations œuvrant pour une meilleure représentation de la diversité de la société dans les médias audiovisuels, le Conseil a adopté le 29 juillet 2015 l’étude d’impact du projet de cession.

Cette étude mesure les impacts possibles du projet au regard de la protection du domaine public hertzien, des programmes, des audiences et des recettes publicitaires, et plus largement des évolutions du paysage audiovisuel gratuit.

Conformément à la nouvelle jurisprudence du Conseil d’Etat, le CSA soumet à compter d’aujourd’hui cette étude à consultation publique, en vue de se prononcer courant octobre 2015.

Le Conseil indique que la publication de l’étude d’impact s’inscrit dans un contexte plus large, marqué notamment par l’appel aux candidatures pour l’édition de services de télévision en haute définition, le réexamen des demandes de passage en clair de certains services de télévision payante et l’opération de rapprochement stratégique annoncée le 27 juillet 2015 entre les groupes NextRadioTV et Altice.

Au vu des évolutions à venir dans le secteur et dans l’hypothèse où celles-ci seraient de nature à modifier les conclusions de la présente étude d’impact, une étude complémentaire serait soumise à consultation.

Le Conseil souligne que la publication de l’étude d’impact est indépendante de la procédure ouverte par le Conseiller d’Etat, rapporteur indépendant auprès du CSA, pour déterminer si les évolutions antérieures de capital de Numéro 23 étaient conformes à la loi de 1986 (communiqué du 23 juillet 2015).

 

Source : CSA

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